L’expérimentation du cannabis médical prolongée d’un an

Les associations de patients ont appris lundi que l’expérimentation du cannabis médical serait prolongée d’un an. Sans la garantie de voir un jour ces médicaments distribués, elles ont une nouvelle fois énoncé un choix idéologique et pénalisant pour les patients en demande.

La communauté du cannabis médical s’est sentie enfumée la semaine dernière après avoir appris que le gouvernement allait prolonger le programme actuel d’un an pour expérimenter les propriétés médicinales du médicament.

Lundi matin, les associations de patients ont appris la nouvelle lors d’une visioconférence avec la Direction générale de la santé (DGS). Depuis deux ans, 2 000 patients ont acquis de cette expérience. 70 % de ces patients ont montré une amélioration de leur qualité de vie. En contact avec le journal Libération, la DGS a précisé qu’elle s’est satisfaite « d’un point d’étape avec les différents acteurs » et insiste sur le fait que deux options ont été mises sur la table : la prolongation ou l’entrée dans le droit commun du cannabis médical.

Selon la direction générale de la santé, « nous anticipons une prolongation de l’expérience et nous discutons avec les différents laboratoires pour qu’il n’y ait pas de rupture dans l’approvisionnement des médicaments ». Le sujet est encore en discussion au niveau interministériel et le débat aura lieu dans le cadre du PLFSS (loi de financement de la sécurité sociale) au Parlement. Notre objectif n’était pas de décréter quoi que ce soit ».

Le combat des associations de patients

Mais du point de vue des patients, la situation est tout autre. « Les associations de patients représentant des personnes atteintes de maladies dont les symptômes sont le plus souvent résistants à tous les traitements médicamenteux condamnent la décision de prolonger d’un an l’expérimentation de la mise à disposition de médicaments à base de cannabis« , peut-on lire dans leur communiqué publié juste après la vidéoconférence. Selon les organisations, des préoccupations telles que l’amélioration du secteur agricole français ou la concurrence étrangère ne justifient pas cette prolongation.

Les quatre associations de patients participants ont publié une déclaration : « La priorité doit être donnée à la santé et au bien-être des patients, et non aux intérêts économiques. Le gouvernement enfreint l’éthique de la santé publique en accordant plus de temps à la phase de test. » Pour Béchir Saket, porte-parole de L630, le dilemme est clair : « Le gouvernement doit choisir entre l’industrie et les patients. S’il cède aux demandes de l’industrie, il fait passer l’argent avant la santé. Ce serait inacceptable, car il s’agit ici de la dignité humaine. »

Certains et producteurs de cannabis s’inquiètent pour leur secteur et craignent une situation qui profitera aux producteurs étrangers. Santé Cannabis France, une association représentant les producteurs et industriels français du cannabis, a donc proposé « d’envisager de reporter d’un an la généralisation du cannabis médical, telle que prévue en mars 2023. »

Pour le président de Santé France Cannabis : Frantz Deschamps, les conditions de la légalisation ne sont pas réunies. »notre objectif n’est pas de temporiser, mais d’agir maintenant pour qu’une généralisation intervienne en avril 2024 et qu’une période transitoire puisse être mise en place durant laquelle les questions de remboursement et le statut réglementaire pourront être réglés. »

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